Pourquoi des psychologues au FCP Prévention Culture Formation ? Depuis le début de l’histoire du FCP qui a commencé avec Louis Dooghe, le psychologue tient une place importante au sein de l’association. Louis Dooghe, dans les années 1950, est ouvrier menuisier et permanent du mouvement de la JOC à Paris, avec la responsabilité de l’« Enfance populaire ». Militant sensible au devenir des jeunes du quartier où il réside, il se lance comme bénévole dans le secteur naissant de la Prévention Spécialisée et fonde le Foyer de Culture Populaire à Marcq-en-Baroeul (1956), premier club de prévention spécialisée du Nord. Suivra ensuite la création de celui du Vieux-Lille (1962), puis celui de La Madeleine (1965). Ces clubs de prévention, luttant contre les inadaptations sociales, se sont appuyés notamment sur le soutien scolaire, l’animation des temps libres, la préformation professionnelle et le logement d’urgence. Louis Dooghe a promu une éducation qui reconnaît à chacun la capacité de progresser et de se développer. Cette grande figure de l’éducation populaire a mis l’accent sur des valeurs telles que la laïcité, la citoyenneté, la solidarité, le respect, l’autonomie, la responsabilité partagée, le sens critique, … tout en incitant les éducateurs à travailler dans la proximité territoriale et affective. Il a alors estimé qu’il était nécessaire pour les travailleurs sociaux d’être aidés par des psychologues pour mieux comprendre ce qui était en jeu dans les relations, les actions, les pratiques et les expériences éducatives, menées avec ces jeunes. Depuis quasiment sa création, le FCP intègre, dans ses moyens et ses pratiques, la fonction de psychologue. Au fil du temps et du développement de l’association, la présence des psychologues a augmenté pour répondre au mieux aux besoins des équipes d’éducateurs et de formateurs. Aujourd’hui trois psychologues sont employés à temps partiel. Ces psychologues de formation et d’approche diverses et complémentaires (psychosociale, psychanalytique et thérapie cognitivo-comportementale) sont une ressource d’une part, pour l’ensemble des salariés du FCP (personnel éducatif, formatif, administratif, technique, cadres hiérarchiques) et, d’autre part, pour les jeunes et les familles accompagnés. Historiquement, la pratique des psychologues du FCP se caractérise, entre autres, par une proximité dans une démarche « d’aller vers », spécifique à la Prévention Spécialisée. Les modalités d’intervention des psychologues Les psychologues interviennent principalement auprès des publics en difficulté, des travailleurs sociaux et au sein de l’institution. Auprès des publics en difficulté, le suivi se fait en individuel ou en collectif Les psychologues proposent systématiquement un premier entretien individuel à l’inscription du jeune dans les actions de formation organisées par l’Atelier de Préformation, dans l’action logement/hébergement et dans le dispositif de prévention du décrochage scolaire 3R. Ils créent et élaborent des dispositifs collectifs à visée thérapeutique par différents outils de médiation. Ils travaillent autour de la gestion du stress et de la technique de résolution de problèmes dans le cadre des formations dispensées par l’Atelier de Préformation. Ils contribuent à la rédaction des dossiers MDPH. Ils réalisent des entretiens individuels avec les personnes en difficulté qui le souhaitent et si besoin, rencontrent leur famille, dans un lieu sécurisant au FCP ou à leur domicile. Ils pratiquent des entretiens psycho-éducatifs qui visent à soutenir la parole du jeune ou de la famille. Ils aident la personne à verbaliser les difficultés psychiques rencontrées, à faire émerger une demande pour ensuite l’orienter, si nécessaire, vers les structures de soins et partenaires du FCP. Auprès des travailleurs sociaux, l’accompagnement se fait en équipe ou de manière individuelle Les psychologues accompagnent les travailleurs sociaux dans l’analyse de situations et de pratiques, dans l’orientation future des jeunes, dans l’élaboration et la formalisation d’accompagnements personnalisés et de projets individuels et/ou collectifs. Ils leur fournissent une aide méthodologique et théorique : conception et utilisation d’outils (grille de recueil de données, questionnaires…), construction des évaluations, approfondissements de notions théoriques. Ils les aident et les soutiennent dans leur implication et résonnance émotionnelles. Ils contribuent à l’élaboration des appels à projets, des actions éducatives et des bilans d’action. Ils favorisent la transversalité et la coopération entre les équipes et les partenaires associés. Ils sont à l’écoute et soutiennent les différentes personnes salariées du FCP. Au sein de l’institution, la spécificité du psychologue du FCP est d’occuper une place de cadre non hiérarchique Les psychologues participent aux réunions de direction en prenant part aux réflexions sur les enjeux et perspectives associatives. Ils contribuent, participent, collaborent à la dynamique institutionnelle en lien avec les responsables hiérarchiques sans se substituer à ces derniers. En favorisant une réflexion globale sur l’intrication entre soin et institution, les psychologues font vivre un maillage institutionnel qui permet aux jeunes et aux familles de se sentir soutenus. Ils contribuent à la création et l’élaboration de projets innovants à destination des publics. Le rôle de l’accompagnement psychologique Les interventions des psychologues sont une plus-value importante pour le FCP. Elles sont ancrées dans les pratiques professionnelles des éducateurs et des formateurs. Elles sont ajustées aux caractéristiques des publics. La disponibilité du psychologue peut être rapide pour un premier rendez-vous demandé, soit par le travailleur social, soit directement par le jeune accompagné. Il est important de rappeler que les délais d’attente de rendez-vous en CMP ou CMPP des secteurs vont de 2 à 3 mois, ce qui a un effet démotivant et décourageant sur ces jeunes en souffrance. Le psychologue pourra accompagner physiquement la personne lors de son premier rendez-vous dans une autre structure de soins afin de faciliter la relation thérapeutique future. Il facilite ainsi l’accès aux soins des publics en risque d’exclusion. Les problématiques rencontrées par les personnes sont très diverses : ruptures familiales, carences familiales, violences intra et extra-familiales, processus de deuil, maltraitance, abus sexuels, addictions, difficultés parents/enfants, problèmes judiciaires, isolement, perte de confiance en soi, harcèlement scolaire ou moral, etc… A l’Atelier de Préformation, un premier entretien avec le psychologue est systématiquement proposé à chaque personne dès son entrée en formation. La présence régulière des psychologues dans les locaux de l’Atelier de Préformation, sur des temps communs partagés avec les stagiaires accueillis et dans les temps de travail hebdomadaires avec l’équipe pédagogique, permet